Vue sur le jardin du Luxembourg depuis un appartement rue Guynemer, Paris 6e

Rue Guynemer, Paris 6e :
Histoire & Immobilier

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Rue Guynemer Paris 6 : Histoire & Immobilier

La rue la plus chère de Paris
face au jardin du Luxembourg


Il n'existe pas d'adresse comparable à Paris. La rue Guynemer longe sur toute sa longueur le côté ouest du jardin du Luxembourg, offrant à ses habitants une vue directe et permanente sur l'un des plus beaux parcs de la capitale.
Régulièrement désignée comme la rue la plus chère de Paris, elle concentre tout ce qui fait l'exception du 6e arrondissement : un bâti de grande qualité, une vue incomparable, un calme rare à cette distance du centre, et une demande qui dépasse structurellement l'offre.

Longue de 390 mètres seulement, large de 20 mètres, elle relie la rue de Vaugirard au nord à la rue d'Assas au sud. Sa particularité physique est unique à Paris : seul le côté ouest est bâti. Le côté est, entièrement occupé par le jardin, ne connaîtra jamais de construction. C'est cette configuration irremplaçable qui fait de la rue Guynemer un cas à part dans l'immobilier parisien.

Un héros pour donner son nom à la rue

La rue s'appelait autrefois rue du Luxembourg, puis brièvement rue Bonaparte, avant de prendre son nom actuel après la Première Guerre mondiale en hommage à Georges Guynemer, aviateur français mort au combat à 22 ans.

Georges Guynemer : le héros fragile devenu légende nationale

L'histoire de Georges Guynemer est l'une des plus romanesques de la Grande Guerre. Né le 24 décembre 1894 à Paris, fils d'un officier de Saint-Cyr, il grandit dans un milieu aisé mais pâtit toute son enfance d'une santé délicate. Élève brillant mais turbulent au lycée Stanislas — où il donne un jour une gifle à son professeur et se retrouve renvoyé — il rêve pourtant de l'École Polytechnique. La guerre va tout changer.

Lorsque le conflit éclate en août 1914, Guynemer se présente aussitôt à un bureau de recrutement. Refus. Trop malingre, trop chétif. Il se représente. Refus à nouveau. C'est par l'aviation, encore marginale, qu'il finit par s'engager en novembre 1914 — comme simple aide-mécanicien, faute de mieux.

Breveté pilote au printemps 1915, il est affecté à l'escadrille des Cigognes, la plus célèbre unité de chasse française. Ce que la médecine militaire avait pris pour de la faiblesse se révèle être une énergie hors du commun : audacieux, méthodique, obsessionnel, Guynemer accumule les victoires. Il baptise tous ses avions "Vieux Charles" en hommage à l'un de ses mécaniciens, et développe une tactique de combat à courte distance, dangereuse mais redoutablement efficace. Il survit huit fois après que son appareil a été abattu.

À 22 ans, il totalise 53 victoires homologuées. Capitaine, officier de la Légion d'honneur, visage de couverture des grands journaux illustrés — il est la première star médiatique de l'aviation française, inventant presque malgré lui la figure de l'"as de guerre".

Le 11 septembre 1917, il décolle pour une mission de patrouille au-dessus de Langemark, en Belgique. Il ne rentre pas. Son avion est détruit par un bombardement avant que sa dépouille ne puisse être récupérée. Il n'a pas de tombe. Cette disparition sans trace achève de transformer l'homme en mythe.

La Chambre des députés vote à l'unanimité l'inscription de son nom au Panthéon. Sa devise — "Faire face" — devient celle de l'armée de l'Air. Et dans tout Paris, dans toutes les grandes villes de France, des rues, des avenues, des places prennent son nom.

La rue avant Guynemer : une création de Louis XVIII

Avant d'honorer un aviateur, la rue a une histoire plus ancienne. Elle est créée en 1778 lorsque le comte de Provence — futur Louis XVIII — alors propriétaire du palais du Luxembourg, vend le tiers occidental du jardin pour financer la rénovation de l'édifice. Cette décision crée l'espace qui deviendra la rue, d'abord dans le prolongement de la rue Bonaparte, puis sous le nom de rue du Luxembourg.

Un épisode dramatique marque son histoire moderne : le 15 juillet 1918, un obus de la Grosse Bertha — le canon allemand à longue portée — explose au numéro 6. La rue porte encore aujourd'hui les cicatrices discrètes de cette époque dans certaines façades.

Une rue habitée par l'histoire de France

Ce qui distingue la rue Guynemer d'une simple belle adresse, c'est la densité extraordinaire de personnalités qui l'ont habitée. En parcourant ses immeubles numéro par numéro, on traverse un siècle d'histoire intellectuelle, politique et artistique française.

Au n°4, un immeuble construit en 1893, propriété du Vatican, est réquisitionné par les nazis pendant l'Occupation. À la Libération, l'Association des déportées de Germaine Tillion y est hébergée — jusqu'à ce que le Saint-Siège demande la restitution. François Mitterrand, alors ministre des Anciens combattants, fait déménager l'association. Le Vatican récupère l'immeuble et le loue ensuite à des locataires prestigieux : François et Danielle Mitterrand, Bernard Kouchner, Christine Ockrent.

Au n°6, derrière la façade reconstruite en 1972, se cache l'Institut Bossuet, école préparatoire fondée en 1866 dont les anciens élèves forment une liste vertigineuse : Antoine de Saint-Exupéry, Jean d'Ormesson, Frédéric Beigbeder, Philippe Pozzo di Borgo — le "Intouchable" — ou encore Paul Reynaud.

Au n°34, Françoise Sagan a vécu plusieurs années face au Luxembourg. Au n°36, Léon Blum s'installe après son mariage en 1897 et y réside jusqu'en 1908, une plaque le rappelle au n°38. Jacqueline de Romilly, helléniste de l'Académie française, y habite aussi — c'est d'elle que Robert et Élisabeth Badinter achètent leur appartement en 1972, un logement qu'ils occupent encore des décennies plus tard. Au n°26, une plaque rend hommage à Marie-France Pisier, qui y a vécu jusqu'à sa mort en 2011.

L'écrivain Michel Houellebecq fait même résider l'un de ses personnages rue Guynemer dans La Carte et le Territoire (2010) — signe que l'adresse a une valeur symbolique qui dépasse l'immobilier.

Jardin du Luxembourg vu depuis la rue Guynemer, Paris 6e

Architecture :
une rue aux visages multiples

Le bâti post-haussmannien dominant

La majorité des immeubles de la rue Guynemer a été édifiée entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe, dans ce style post-haussmannien caractéristique du 6e : pierre de taille, bow-windows, ferronneries travaillées, corniches ouvragées, portes cochères monumentales. Ces immeubles de la Belle Époque, plus libres dans leur ornementation que le strict Haussmann, bénéficient côté est d'une vue directe et permanente sur le jardin du Luxembourg. Les appartements y sont souvent traversants, avec de belles hauteurs sous plafond et des distributions familiales généralement bien préservées.

Les immeubles des années 70-80 : le paradoxe de la terrasse

La rue Guynemer présente une mixité architecturale que l'on ne trouve pas toujours dans les rues les plus recherchées du 6e : quelques immeubles des années 1970-1980, modernes et fonctionnels, voisinent directement avec des façades post-haussmanniennes ou Art Déco. Cette cohabitation surprend parfois — un immeuble en béton collé à un bâti Belle Époque — et le style de ces constructions récentes rebute une partie des acquéreurs, habitués à chercher le charme de l'ancien.

Mais ces immeubles ont un atout rare et très recherché dans le 6e : les terrasses. Grandes, ensoleillées, souvent avec vue sur le jardin du Luxembourg, elles sont une denrée extrêmement rare dans cet arrondissement. Pour les acheteurs qui en font une priorité — et ils sont nombreux — ces terrasses compensent largement le standing moins premium du bâti. Un appartement moderne avec terrasse vue Luxembourg rue Guynemer reste une adresse d'exception, et se vend comme tel.

Le joyau Art Déco du n°14 : l'immeuble Roux-Spitz

Parmi tous les immeubles de la rue, le n°14 occupe une place absolument singulière dans l'histoire de l'architecture parisienne. Construit entre 1925 et 1928 par Michel Roux-Spitz, prix de Rome 1920 et chef de file de l'"École de Paris", il est le premier édifice de ce que l'architecte appellera sa "Série blanche" — une suite de quatre immeubles parisiens déclinant le même vocabulaire architectural.

Inscrit aux Monuments Historiques depuis 1986, l'immeuble se distingue par ses bow-windows caractéristiques à trois pans, ses fenêtres à ouvertures horizontales et son parement de pierre d'Hauteville polie — un langage résolument moderne qui rompt avec l'ornementation haussmannienne sans pour autant verser dans l'abstraction radicale de Le Corbusier. Les ferronneries de l'entrée et la rampe de l'escalier sont l'œuvre de Raymond Subes, l'un des maîtres de la ferronnerie Art Déco.

Au rez-de-chaussée, l'architecte avait prévu un garage pour six voitures avec plaque tournante métallique — une innovation totalement inédite pour l'époque. Roux-Spitz disposait lui-même de l'appartement du 5e étage et d'un bureau au 8e, avec vue sur le Luxembourg.
Cet immeuble est aujourd'hui l'une des pièces maîtresses de l'architecture Art Déco parisienne.

Le n°2 : néo-Louis XIII et baroque

À l'angle de la rue de Vaugirard, le n°2 est un immeuble de six étages construit en 1914 par l'architecte et peintre Louis Périn, dans un style néo-Louis XIII et baroque — rare à Paris et particulièrement spectaculaire. Plusieurs de ses appartements furent réquisitionnés par les Allemands pendant l'Occupation ; en 1943, l'immeuble fut mis en vente au Palais de justice avec une mise à prix de 2,5 millions de francs.

Grilles du jardin du Luxembourg, Paris 6e arrondissement

Vendre ou acheter un appartement
sur la rue Guynemer

La rue Guynemer est le marché immobilier le plus sélectif du 6e arrondissement, et l'un des plus rares de Paris. Ses caractéristiques sont uniques et non reproductibles : vue permanente sur le jardin du Luxembourg, bâti exclusivement ancien de grande qualité, calme absolu côté jardin, et une longueur de seulement 390 mètres pour une poignée d'immeubles.

Les prix : le sommet du marché parisien

La rue Guynemer figure systématiquement parmi les rues les plus élevées de Paris, et est régulièrement désignée comme la rue la plus chère de Paris. Aucun bien ne se vend en dessous de 20 000 €/m², et les appartements en étage élevé, rénovés, avec vue directe sur le Luxembourg atteignent couramment 30 000 à 35 000 €/m² — parfois au-delà pour les configurations exceptionnelles.

Ces niveaux de prix s'expliquent par la conjonction de plusieurs facteurs irremplaçables : la rareté absolue des biens disponibles (peu de transactions par an), la vue sur le jardin qui ne peut être obstruée par aucune construction future, la qualité architecturale des immeubles, et une demande internationale très active — clientèle française fortunée, acheteurs américains, européens et moyen-orientaux en quête d'une adresse parisienne de prestige absolu.

Pour les vendeurs

Estimer un appartement rue Guynemer nécessite une connaissance intime de chaque immeuble : étage, exposition, vue exacte sur le jardin, qualité des communs, état des parties communes, dernier ravalement, potentiel de rénovation. La différence entre un appartement au deuxième étage sans vue dégagée et un appartement au cinquième avec vue plongeante sur le Luxembourg peut représenter plusieurs milliers d'euros au mètre carré.

Materre & Mollica intervient tout au long de l'année sur des transactions rue Guynemer et dans les rues adjacentes. Notre approche pour les vendeurs : une estimation argumentée immeuble par immeuble, une mise en valeur soignée du bien, et un accès direct à notre réseau d'acquéreurs actifs sur cette adresse — y compris des acheteurs internationaux pour qui la rue Guynemer est une cible prioritaire.

Pour les acheteurs

Les biens rue Guynemer se vendent rarement par les canaux classiques. Les meilleures opportunités circulent en pré-commercialisation, dans les réseaux d'agences spécialisées. Si vous cherchez à acquérir un appartement sur cette rue, la première étape est de vous positionner auprès d'une agence ayant une présence réelle et ancienne dans le quartier.

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FAQ — Questions fréquentes sur la rue Guynemer

Pourquoi la rue Guynemer est-elle aussi chère ?
La rue Guynemer cumule trois avantages irremplaçables : une vue directe et permanente sur le jardin du Luxembourg (le côté est de la rue ne sera jamais construit), un bâti de grande qualité essentiellement issu du XIXe siècle et du début du XXe, et une rareté extrême — moins d'une vingtaine d'immeubles sur 390 mètres, très peu de transactions par an. C'est cette combinaison unique qui justifie des prix parmi les plus élevés de Paris.

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Quel est le prix au m² rue Guynemer à Paris 6e ?
Aucun appartement rue Guynemer ne se vend en dessous de 20 000 €/m². Pour les biens en étage élevé, entièrement rénovés, avec vue directe sur le jardin du Luxembourg, les prix atteignent couramment 30 000 à 35 000 €/m², voire davantage pour les configurations exceptionnelles.

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Pourquoi la rue Guynemer porte-t-elle ce nom ?
La rue rend hommage à Georges Guynemer (1894-1917), as de l'aviation française de la Première Guerre mondiale, crédité de 53 victoires homologuées. Mort à 22 ans lors d'une mission au-dessus de la Belgique, son corps ne fut jamais retrouvé. La Chambre des députés vota l'inscription de son nom au Panthéon. Sa devise — "Faire face" — est devenue celle de l'armée de l'Air française.

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Qui a habité rue Guynemer ?
Parmi les personnalités ayant habité rue Guynemer : Léon Blum (n°36), Françoise Sagan (n°34), Robert et Élisabeth Badinter, Marie-France Pisier (n°26), Bernard Kouchner et Christine Ockrent (n°4), ainsi que l'architecte Michel Roux-Spitz qui disposait d'un appartement et d'un bureau au n°14, l'immeuble qu'il avait lui-même conçu.

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Quel est l'immeuble le plus surprenant rue Guynemer ?
Le n°2, construit en 1914 par l'architecte et peintre Louis Périn, détonne dans le paysage de la rue avec son style néo-Louis XIII et baroque — rare à Paris et particulièrement spectaculaire à l'angle de la rue de Vaugirard. Plusieurs de ses appartements furent réquisitionnés par les Allemands pendant l'Occupation. C'est l'un des immeubles les plus atypiques et les plus remarqués du 6e arrondissement.

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Quelle agence immobilière est spécialisée rue Guynemer ?
Materre & Mollica, installée au 68 rue de Vaugirard à Paris 6e, est une agence indépendante spécialisée sur la rive gauche depuis plus de quinze ans. Elle intervient tout au long de l'année sur des transactions rue Guynemer et dans les rues adjacentes du 6e arrondissement, avec une connaissance précise du marché immeuble par immeuble.

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